lundi 27 février 2017

33, chemin de la Baleine de Myriam Beaudoin

J'ai beaucoup réfléchi à la manière de parler de ce livre :



et ma conclusion est qu'il est impossible de le faire sans risquer de dévoiler des éléments qui pourraient gâcher votre plaisir de lecture. Sachez donc seulement qu'il s'agit d'un homme qui lit des lettres à une femme âgée à qui il rend visite dans une maison de retraite. C'est d'ailleurs la présence de ces lettres qui me permet de participer au challenge suivant : 


Parlant de challenge, précisons aussi que j'ai choisi de lire ce livre, car il correspond à la colonne ANIMAL de ma première ligne pour le challenge d'Enna :

Ce roman a donc été pour moi une découverte totale de l'écriture de Myriam Beaudoin. Et VLAN ! C'est pour ça que j'aime les challenges : on choisit un titre pour une raison totalement futile et BADABOUM, on se prend une claque magistrale. 

En effet, depuis que j'ai refermé le livre, je ne cesse de me demander : mais, a-t-il vraiment existé cet Onil ? L'univers créé par l'écrivaine semble si « vrai » que j'ai été vérifier si certains éléments existaient bel et bien. On sait que les auteurs mélangent un peu de vérité, de fiction, des faits réels, des lieux et des personnes créés de toutes pièces. Mais ici, tout est tellement concret (bien que non conforme à la réalité), que c'en est troublant et... j'ai donc entrepris quelques recherches.

Ce qui suit paraîtra peut-être saugrenu à certains, mais je rêve désormais de rencontrer Myriam Beaudoin pour savoir si je n'ai pas juste un tout petit peu raison, car, je crois que derrière Onil Lenoir se cache un portrait en pointillé de... Claude Jasmin !


> Le personnage d'Éva serait peut-être même une forme de réponse à celui d'Anita, la fille numérotée, le judaïsme de l'une étant remplacé par le catholicisme de l'autre, mais l'intensité de la ferveur étant la même (je me demandais aussi pendant ma lecture pourquoi toutes ces prières nous étaient expliquées en détail !). Et les trames narratives des deux livres se croisent dès lors subtilement.

> Et puis, l'auteure fait mention des yeux d'Elsa quand l'écrivain évoque Aragon. 

> Il y a aussi Lise, un prénom tout de même assez proche de Louise, non ?

Tout ceci va un peu plus loin je trouve que de remplacer Le Cercle du Livre de France par la Nouvelle École Littéraire de Montréal ou Pleure pas, Germaine par Viens danser, Liette. Et cela me fascine.

Je n'arrive pas à m'ôter cette idée de la tête. Je continue sans cesse de me demander : Est-ce lui ? Et j'espère qu'arriveront vite les réponses à mes questions... (attention, un paragraphe peut en cacher un autre !!! 😉)

En tout cas et quoi qu'il en soit, Myriam Beaudoin a toute mon admiration pour la puissance de son écriture. J'ai presque peur de lire ses autres livres me demandant s'ils seront à la hauteur de celui-ci.  

samedi 25 février 2017

Moonlight, a film by Barry Jenkins


I was a wild little shortie, man. Just like you.

Running around with no shoes on, the moon was out.

This one time, I run by this old... this old lady.

I was running, howling. Kinda of a fool, boy. 

This old lady, she stopped me. She said...

"Running around, catching a lot of light".

"In moonlight, black boys look blue". 

"You're blue". 

"That's what I'm gonna call you: 'Blue'."


jeudi 23 février 2017

ÂmeGraphique février 2017 - Toutes les interprétations du mot NOIR !

La toute première à nous avoir livré sonfut Ritournelle et même après tout ce temps, je me demande encore comment il se peut que la voiture à droite de l'image qui roule en pleine nuit soit nette !!! C'est du grand art !

 Puis, ce fut à mon tour de publier ma contribution entre art et... gourmandise :



Oh j'y pense, je n'ai pas été la seule gourmande ce mois-ci. La photo de Manika me permet de déculpabiliser 😉

Et il y a même des jours où on prend le petit carré de chocolat noir avec un bon café noir. Mmmmmm. Après ça, il se peut qu'on ne dorme pas, mais on s'en fiche, on a plein de livres à lire !

Pour ce faire, on peut comme Laetitia, se retirer dans une petite cachette 😉 :



Ou (re)lire NoireClaire de Christian Bobin comme nous le suggère Sabine dont la photo annonce la venue de la fin de journée : 

A peu près à la même heure, mais dans un autre lieu, Christine contemple elle aussi la fin du jour :

Prendre une photo presque au même moment, voici un concept qui ne peut me faire penser qu'à une seule personne... Enna ! Connaissez-vous son rendez-vous ? Le prochain, c'est le 3 du 3 à 3h3.😉 Oui, Enna a souvent son appareil-photo/téléphone à la main, même quand elle va au cinéma et heureusement, car c'est une fois plongée dans le noir de la salle que son âme graphique s'est révélée : 




Mais, Enna n'était pas dans cette salle par hasard... elle venait découvrir l'histoire d'une femme noire dans le cadre du mois de l'histoire des noirs. Ah ben oui, elle est comme ça Enna : au début du mois, elle me dit : je crois que je ne participerai pas, je n'ai pas d'inspiration et TOC, 3 noirs plutôt qu'un ! Parlant de générosité, Blondie a elle aussi été grandement inspirée par le noir qui, chez elle, devient parures :  


 


Oh, les étoiles sont apparues, la nuit est donc arrivée. C'est une bonne nouvelle, car la belle lune ronde de Martine nous indique que le noir, c'est aussi l'amitié :


Le noir  ne nous a donc finalement pas fait peur du tout. Nous savons toutes très bien qu'après la nuit revient toujours le jour. Et c'est sur Stockholm qu'il se levait quand Gaëlle a pris cette superbe photo de la couronne d'or Royale Suédoise :
 

Cela tombait parfaitement bien, car j'avais vraiment envie de couronner l'une des participations de ce mois-ci qui m'a totalement émue, image et mots, c'est celle de Clodine :

Noir
Et voilà que le monde se casse 
qu'il fout le camp qu'il se barre en miettes brindilles
qu'il s'effrite qu'il dérive qu'il s'effondre
Demain il ne restera peut-être plus rien de lui
Au travers pourtant, la lumière.


MERCI À TOUTES

Je reprends ici le fil de mon histoire pour vous livrer deux autres noirs / 
Le premier compose la silhouette de Céline qui partait à la gare /
Chez Nathalie, une fougère dans la lumière devient une oeuvre-d'art /
Et je crois bien que ce sera tout pour ce soir. 😊






mercredi 22 février 2017

Noir

Ce mois-ci, le thème de 




de Sabine est le mot 

NOIR.

Pour l'addict que je suis, dès que le mot NOIR est prononcé, un autre surgit immédiatement dans mon esprit : CAFÉ.

Buvant plusieurs tasses par jour de ce délicieux liquide, la mission était simple pour moi et j'ai donc commencé à photographier dès le début du mois les multiples moments passés avec mon complice de chaque jour. 

Mais bon, une photo de café... ça ne casse pas trois pattes à un canard... en tout cas quand on a aussi peu de talent en la matière que moi. Parlant de talent, c'est là que le deuxième élément de ma photo est survenu, car, ELLE, du talent, elle en a ! 

Je voulais en effet parler ici, déjà depuis quelque temps, de Maria Aristidou, mais je ne savais pas comment le faire. L'AmeGraphique de ce mois-ci me permet donc de le faire et de vous présenter... celle qui peint avec du café noir. 

Elle est chypriote et il est possible de se procurer certaines de ses oeuvres via internet (personnellement, j'ai payé par PayPal (5 euros frais de port inclus) et le carnet est arrivé quelques jours plus tard en Amérique du Nord, cadeau pour mon chéri, fan de La Guerre des Étoiles vous l'aurez compris!).


À très vite pour découvrir les « Âmes Noires » 😉 de tous les participants ! 

mardi 21 février 2017

Hidden figures, a film by Theodore Melfi

Yes, yes, yes ! Trois fois YES ! Comme ces trois femmes extraordinaires ! Ce film est excellent. On passe par toutes les émotions et surtout, surtout, surtout, il redonne la place qu'elles méritent à Katherine Johnson, Dorothy Vaughn et Mary Jackson. Sans elle, la capsule de John Glenn n'aurait jamais décollé le 20 février 1962... ou ne serait jamais revenue sur terre ! 


"It's not because we wear skirts, 
it's because we wear glasses."

dimanche 19 février 2017

Le long voyage de Leonardo Sciascia


Pour ma seconde participation au rendez-vous de Martine : 



J'ai choisi une nouvelle extraite du livre de Leonardo Sciascia : 


Je ne résumerai pas le récit de ce long voyage, car ce serait tout en dévoiler, mais disons simplement qu'il s'agit de quelques personnages qui quittent l'Italie pour se rendre, chargés de leurs valises et de leurs espoirs, en Amérique.

Il s'agit de ma première rencontre avec Leonardo Sciascia et je suis sous le charme. Certaines plumes envoutent, d'autres interpellent, celle-ci charme de façon irrésistible. On suivrait cet auteur n'importe où... même sur un bateau en pleine mer pendant plus de 10 jours !

Le charme de Sciascia est dans la description de toutes les petites imperfections de ses personnages, toutes leurs petites manies, tous leurs tendres défauts.

Un peu à la manière dont les personnages de Michel Tremblay ne se rendent pas à Montréal, mais à Morial, ceux de Leonardo Sciascia rêvent du Nugiorsi (New Jersey), de Nuovaiorche (New York) et de retrouver leurs cousins à Brucchilin (Brooklyn).    

Une bien bonne nouvelle donc... de savoir qu'il me reste encore après celui-ci plein de livres de Sciascia à découvrir ! 😊   

jeudi 16 février 2017

Damoclès de Fatou Ndong

Pendant les premières pages, je n'étais pas certaine d'aimer ce livre. Le timing n'était pas bon. Après André Brink et Dominique Fortier, le manque de travail d'édition autour du livre de Fatou Ndong était trop évident à mes yeux de lectrice devenue très, et sans doute trop, exigeante. Coquilles et paronymes étaient un peu trop nombreux pour moi. 

Et pourtant... je ne suis pas prête d'oublier ce livre ! 


Je me suis permise de débuter ce billet par les très petits bémols que comporte cette publication pour renforcer encore plus ce que je souhaite en dire : 


CE LIVRE DOIT ÊTRE LU PAR LE PLUS GRAND NOMBRE. 


Les années 1962/1963 sont ici vues depuis Jackson au Mississippi à travers les yeux des jeunes de la ville. 

Comme tous les jeunes, ils se retrouvent au café pour discuter, comme tous les jeunes, ils connaissent les premiers et si forts sentiments amoureux, comme tous les jeunes ils s'interrogent sur leur avenir, comme tous les jeunes, ils voient leurs parents évoluer dans la société et ne savent plus trop s'ils veulent leur ressembler ou pas. Comme tous les jeunes...

Mais bien sûr certains d'entre eux sont blancs et d'autres sont noirs. Cela change-t-il quelque chose ? 

Pas vraiment certains jours où, par exemple, tous doivent se rendre au bal des finissants et tous ont mis pour ce grand événement leur plus beaux habits.

Totalement à de nombreux autres moments, où l'épée de Damoclès se fait terriblement plus menaçante au-dessus de leurs têtes.

Statue de Medgar Evers à Jackson

Medgar Evers, Emmet Till, Martin Luther King, tous sont évoqués ici par l'auteure de manière simple, documentée et percutante. J'ai parfois posé le livre le temps de reprendre mon souffle tant l'impact me renversait.

La fin du roman arrivant, on se dit qu'il restera gravé dans notre mémoire et qu'il est un document essentiel pour continuer de parler de cette période « de l'histoire » qui doit être évoquée, transmise, pour ne jamais être oubliée.

Et puis, il y a un dernier nom que Fatou Ndong mentionne à la toute fin, en épilogue... James Anderson Craig... c'était aussi à Jackson... en 2011.


Les détails de l'affaire se trouvent ici.

... a crime they thought was in Mississippi's past: the murder of a man just because he was black.

Merci Fatou Ndong du fond du coeur pour ce livre qui, je le redis ici,
doit être lu par le plus grand nombre. Nous sommes l'histoire.

Cette lecture correspond à la colonne PERSONNE CONNUE de ma première ligne pour ma participation au :


mardi 14 février 2017

De la peinture plein la toile !

Depuis quelques jours, la peinture s'est invitée dans mes pensées et mes journées.  

Tout a commencé avec la lecture des premiers chapitres du livre de Nedim Gürsel, Les turbans de Venise que je lis dans le cadre du challenge Il Viaggio et qui me permet de (re)visiter Bellini, Veneziano ou encore Bernardino Di Betto.

Puis, de passage chez Une Comète pour jaser de T.C. Boyle, j'ai découvert une initiative qui me séduit énormément : répandre de la peinture partout sur la toile ! 😊

Le projet se déroulait initialement sur Facebook, mais nous étions un peu à l'étroit et nous voici donc sur toute la blogosphère. Le principe : une chaîne pour partager de la peinture partout sur internet !  

Une Comète m'a confié, pour mon grand bonheur, Henri Matisse et, sans doute un peu influencée par le livre de Nedim Gürsel, je me suis arrêtée sur cette odalisque.


Tout me plaît dans cette oeuvre, ses couleurs, sa composition, l'atmosphère qui s'en dégage, et jusqu'aux finitions du pantalon !

Si vous souhaitez vous aussi nous aider à recouvrir la toile de peinture, laissez tout simplement un commentaire sous cet article et je vous confierai un peintre à mettre en vedette sur votre blogue. 


dimanche 12 février 2017

La mort de Mignonne et autres histoires de Marie Hélène Poitras

De Marie Hélène Poitras, j'avais lu Griffintown dont la prose poétique m'avait touchée, dont la tendre intensité m'avait bouleversée.

Ici, bien qu'attirée, j'étais un peu dubitative, puisque la première parution de ce recueil de nouvelles remonte à presque 10 ans avant Griffintown. Mes appréhensions n'étaient pas fondées et j'ai (re)trouvé dans ces brefs récits les thèmes chers à Marie Hélène Poitras d'une part et cette plume pouvant se faire aussi caressante qu'assassine d'autre part.

La couverture du livre elle-même reprend à mes yeux cette dualité, ce tapis de cheveux qui semble si soyeux, mais qui ne manquera pas de nous faire trébucher si on l'emprunte et de blesser celle qui nous l'offre. Marie Hélène Poitras, c'est tout ceci à la fois, une alchimie d'où peuvent aussi bien naître des poisons que des filtres d'amour. 


LA MORT DE MIGNONNE

LA BEAUTÉ DE GEMMA

C'ÉTAIT SALEMENT ROMANTIQUE

GRUNGE

FÉES ET PRINCESSES AU BOUT DE LEUR SANG

LETTRE AUX HABITANTS DE RIVIÈRE-BLEUE & LA MAISON

SUR LA TÊTE DE JOHNNY CASH

RUTH EN ROSE

PROTÉGER LOU

COMME LA RENARDE

NAN SAN RÉAL


Qui parle de Marie Hélène Poitras évoque instantanément les chevaux et les « hommes de chevaux ». On les retrouve bien sûr ici dans La mort de Mignonne, Protéger Lou et Nan sans Réal. Ce « retour à Griffintown » en quelques sortes (pour le lecteur seulement, puisque chronologiquement il s'agit plutôt de textes précurseurs) est un pur bonheur de lecture. 

Je n'ai pas lu Soudain le Minotaure (de peur d'être trop secouée), mais son thème du sexe sale et de l'ambiguïté d'une jeunesse avide de découverte, aguicheuse, en même temps que pure et désarmée, revient à plusieurs reprises dans les textes du présent recueil.


L'auteure explore en effet ici largement le passage de l'enfance à l'âge adulte avec la grande soeur de Lili dans Fées et princesses au bout de leur sang, avec les jeunes de Grunge qui illustrent sans même s'en rendre compte les chansons de Nirvana qu'ils écoutent, ou encore avec Gemma l'apprentie-mannequin. 

Le cachalot de Sur la tête de Johnny Cash et une renarde à trois pattes viennent compléter le bestiaire anthropomorphique qu'utilise habilement Marie Hélène Poitras pour dénoncer les multiples travers humains : cupidité et mensonge, pour ne nommer que ceux-ci.



Mais il est des situations où les analogies ne suffisent plus et où s'impose une lettre ouverte au sein de laquelle l'écrivaine revendique sa liberté, celle de mêler à sa guise fiction et réalité, car c'est là l'essence même de son art.

Cette mise au point elle aussi est à l'image de l'auteure qui entend cheminer sans entrave et qui, bien que tolérant le mors, ne consent à respecter le lecteur que s'il existe avec celui-ci une véritable complicité. De force et de violence, il n'est jamais question. Et si brutalité il y a, c'est en raison de blessures seulement. 

Ce que l'on retient finalement de cette dizaine de textes est l'immense et parfois si douloureuse sensibilité de Marie Hélène Poitras dont je lirai assurément chacun des prochains livres.

  
Cette lecture correspond à la colonne MORT de ma première ligne pour ma participation au :

Et il s'agit aussi de :





samedi 11 février 2017

Bla-bla

Un article un peu fourre-tout pour faire le point, regarder ce qui s'en vient et jaser de tout et de rien ! 😊

Pour commencer, je lance un S.O.S technique : Overblog et Blogger ne font pas bon ménage. Il y a en effet trois blogues que j'apprécie beaucoup (Les lectures de Martine, le blog de Ritournelle et Lecturissime), mais que je ne peux pas avoir dans mon blogroll, car ce sont des blogues Overblog. 

Voici ce qui se produit :

1 - J'ajoute le blogue = tout va bien.
2 - Le blogue reste là quelques jours et se met bien à jour (mon blogroll est configuré pour faire apparaître en premier les articles les plus récents).
3 - Puis, sans raison apparente, le blogue Overblog en question passe tout en-bas de la liste et affiche un article datant de n'importe quand (j'ai eu par exemple, un article de 2014 pour l'un d'entre eux!).

Du coup, ben, je les enlève et... je trouve ça vraiment dommage. Si vous avez une solution, n'hésitez pas ! Merci !    

Du côté des challenges maintenant, qu'en est-il ?

Je participe à Il Viaggio chez Martine et au Petit Bac chez Enna.

Concernant l'Italie, j'ai lu « Sur cette terre comme au ciel » de Davide Enia (le billet est en cours d'écriture, mais sera peut-être publié un peu plus tard, car ce livre pourrait devenir une LC). Et je commence aujourd'hui « Les turbans de Venise » de Nedim Gürsel.

Pour le petit bac, je termine tranquillement ma première ligne et je commence déjà à penser à la seconde qui aura une saveur italienne pour coller avec le challenge de Martine, mais aussi pour me rapprocher encore un peu plus de l'Italie puisque notre départ se précise.

Ma deuxième ligne devrait donc ressembler à ça : 


Prénom

Lieu

Couleur

Animal

Objet

Sport/Loisir

Personne connue
L'avènement d'Hitler de Jacques Prévert

Aliment/Boisson

Famille

Mort


📷 📷 📷 📷 📷 📷 📷 📷 📷 📷

Je termine en mentionnant un rendez-vous à ne pas manquer :  ÂmeGraphique, ici même, le jeudi 23 février autour du mot « noir ».



C'est tout pour aujourd'hui ! 😊





jeudi 9 février 2017

Loving


Loving c'est le titre d'un film inoubliable, rempli d'espoir et d'amour.

Mais Loving, c'est avant tout le nom de famille de Richard et ensuite celui de celle qui est devenue sa femme, Mildred.

L'histoire des Loving est époustouflante et méritait d'être racontée et mise à la portée de tous (personnellement, je n'en avais jamais entendu parler, shame on me) et le film de Jeff Nichols le fait avec justesse et pudeur. 


Plutôt que de partager ici une bande-annonce qui, comme c'est souvent le cas, en dira trop, je préfère publier cette photographie prise par un journaliste du Time à l'époque et que l'on retrouve dans le film.


Sapristi, juste d'écrire ce billet, j'ai des frissons. C'est un film à voir. Vraiment.


mercredi 8 février 2017

Motel Lorraine de Brigitte Pilote

Cet article avait été initialement publié (dans une version un peu différente) sur mon précédent blogue.

A travers la vie de Sonia et de ses filles, Brigitte Pilote nous invite à considérer ce qu'il se passe après une période de troubles et pose ainsi subtilement une question essentielle : que devient le monde après les grands événements/discours ?

En effet, tout le monde connait Martin Luther King, répète « I have a dream » dès que le pasteur est évoqué et sait qu'il fut assassiné à Memphis au Motel Lorraine. Ceci est ce que l'on se transmet de génération en génération pour ne pas oublier celui qui est désormais devenu une icône. Mais, l'auteure va ici plus loin et, mêlant habilement réalité et fiction, pose son regard sur ce/ceux qui restent.


Il reste le Motel Lorraine dont plus personne ne veut occuper la funeste chambre 306 jusqu'à ce que Sonia et ses deux filles y logent, n'ayant temporairement pas d'autre alternative.

Dans ce même Motel Lorraine demeure Jacqueline Smith, une femme de chambre qui s'opposera ultérieurement à la fondation d'un musée sur l'emplacement du Motel, arguant que le pasteur King aurait plutôt souhaité y voir un dispensaire. 

Il reste aussi une ville meurtrie qui aura besoin de plusieurs décennies pour ne plus être la cité de l'assassinat de Martin Luther King, mais bel et bien la ville que l'on connait de nos jours comme étant le berceau du blues.

En parlant de sa mort, l'auteure parvient ici paradoxalement à redonner vie au pasteur King et à son combat, à « dépoussiérer » celui que l'on a peut-être un peu trop vite rangé dans les livres d'Histoire...


lundi 6 février 2017

La porte du ciel de Dominique Fortier


La trame principale du livre de Dominique Fortier se déroule pendant la guerre de Sécession, mais pas seulement, car... 

« Puisque nul traité de paix n'est venu marquer la fin de cette étrange guerre fratricide, comment prétendez-vous savoir qu'elle est bien finie ? » 



C'est autour de cette interrogation que s'articule tout le roman (basé sur de multiples faits historiques) qui passe d'un siècle à l'autre afin d'interpeler le lecteur sur la permanence de ce sentiment d'illégitimité qui continue trop souvent de hanter les Noirs. 

« Est-ce l'an de grâce 1864 ou l'année 2011 de notre ère ? Qui saurait le dire ? » 

« Il me semble que je suis ici en visite, comme si on me tolérait mais que je n'étais pas chez moi » dit Eleanor, jeune femme blanche qui vient d'emménager chez sa belle-mère. « Eve ne répondit pas. Elle n'avait jamais eu d'autre impression que celle-là. » (Eve, on l'aura compris, est noire)

L'avantage des lectures thématiques est de pouvoir poser différents regards sur un même événement. Ainsi, l'abolition de l'esclavage dont il est question dans le superbe film de Steven Spielberg :



est ici vue d'une toute autre manière : 

« Des hommes à Philadelphie s'étaient rassemblés pour déclarer leur indépendance, ils avaient couché sur le papier ces mots disant que les hommes avaient été créés égaux et que chacun avait le droit de chercher le bonheur, et puis ils étaient rentrés chez eux, où il faisait bon auprès de leurs femmes et de leurs enfants. Les mots étaient restés là. » 


Passerelle également entre cette lecture et celle de Philida d'André Brink où celle-ci concluait :


« Si tu veux mon opinion, ce sera plus dur pour les Blancs que pour nous. Nous, on se débrouille toujours, d'une manière ou d'une autre. Mais qu'est-ce qu'ils vont devenir, eux ? On est tous comme les fondations de leurs  maisons, pour ainsi dire. Ils ont construit leurs vies, absolument tout, sur notre dos. Tout le pays s'est construit avec notre sueur et notre sang. »

Alors que June ici dit à son fils épris de liberté et qui souhaite rejoindre les combats :

« La liberté, mon fils, ce n'est peut-être pas aussi important qu'on le dit. Regarde ce que les Blancs, qui l'ont depuis toujours, ont trouvé à en faire. » 

Mais, il y a encore plus que tout cela dans le livre de Dominique Fortier, il y a cette manière dont elle parvient à parler de la guerre avec justesse et poésie. Oui, poésie. Ces deux termes ne semblent pourtant pas être faits pour s'entendre, mais l'auteure parvient pourtant à mettre l'une au service de l'autre pour livrer son message.


Cette poésie transparaît, entre autre mais pas uniquement, dans les références aux courtepointes de Gee's Bend qui ont, en partie, inspiré Dominique Fortier durant son travail d'écriture.

Et c'est ainsi que la guerre de Sécession sous la plume de cette auteure de talent prend un tout autre visage :

« Ce n'était pas un pays en guerre, ni même deux pays dont l'un cherchait à se détacher de l'autre : c'étaient trente pays tenant ensemble par des liens plus ou moins lâches, qui tantôt se défaisaient et tantôt se renouaient, comme si les pièces d'une courtepointe tout à coup prenaient vie et s'avisaient de changer de place et de couleur, arrachant les coutures au passage, traînant derrière elles des bouts de fils inutiles. » 

Mais, au milieu de toutes ces guerres, de tous ces combats, il est une chose qui perdure et ne disparaîtra jamais...

« Tu as vu ? demanda le plus grand. Il est arrivé aujourd'hui.

Le plus petit avait vu, mais semblait trop saisi pour répondre. Visage levé vers l'ange, il semblait attendre quelque prodige. Il porta machinalement la main à sa poitrine. 

Ils vont le fixer demain, poursuivit l'autre d'un ton important. C'est pour ça qu'ils ont mis les cordes, en attendant, pour ne pas qu'il tombe pendant la nuit.

Le petit se retourna vers lui avec un air qui ressemblait à de la pitié, et souffla comme pour lui-même : Mais non, s'ils ont mis les cordes, c'est pour ne pas qu'il s'envole. »



Cette lecture correspond à la colonne OBJET de ma première ligne pour ma participation au :
 



vendredi 3 février 2017

Philida d'André Brink



J'ai choisi de conserver ici les 4 différentes couvertures du livre d'André Brink, car c'est une manière pour moi d'illustrer les multiples facettes que comporte ce livre dont l'histoire se déroule en Afrique du Sud en 1834. Je crois en effet que ce livre est inclassable. Il aborde tant de sujets de tant de manières qu'il en devient unique

La première couverture présente Philida dans tout ce qu'elle est avant d'être une esclave : une mère, la propriétaire d'une petite chatte appelée Kleinkat, une femme qui mérite de s'asseoir et de se reposer.

La seconde couverture évoque, à mes yeux, le chemin que Philida parcourt, au sens propre comme au sens figuré, pour découvrir qui elle est véritablement : trouver sa foi d'une part et se rendre au fameux Gariep, cet endroit « où on découvre ce qu'on ne savait pas avant » d'autre part.

La troisième couverture est pour moi la plus belle, la plus touchante, car c'est vraiment ainsi que je me suis imaginée Philida avec son franc-parler, sa beauté, sa dignité face à tout ce qu'elle vit.  

La quatrième couverture avec ses teintes sépia est, toujours selon moi, une référence à l'aspect historique qu'André Brink relate au fil des chapitres de son livre qui se déroule durant les quelques mois qui ont précédé l'abolition de l'esclavage en Afrique du Sud.


Au fil de ces multiples thèmes abordés, l'écriture d'André Brink entraîne le lecteur dans toutes sortes d'émotions : 
on sourit devant les remarques parfois naïves mais si lucides de Philida; 
on frissonne devant la cruauté de certains traitements infligés aux esclaves; on s'interroge et on réfléchit sur les questions philosophiques soulevées par l'auteur quant à l'ambivalence des êtres humains que, finalement, seul le destin a fait maîtres ou esclaves; 
on sent sa gorge se nouer face à des déclarations justes et universelles qui demeurent longtemps dans nos pensées. 

« Chaque individu, dans sa solitude, 
est en réalité tous les habitants de la terre... 
Quiconque tue un être humain 
tue l'humanité entière... 
quiconque sauve une vie humaine 
sauve l'humanité entière. »


Cette lecture correspond à la colonne PRÉNOM de ma première ligne pour ma participation au :